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La tour Bellanda à Nice : un balcon sur la Baie des Anges

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La tour Bellanda (qu’on entend souvent prononcer “Bélanda” chez nous) est l’un de ces lieux que les Niçois connaissent depuis toujours, mais que beaucoup de visiteurs découvrent un peu par hasard, en remontant vers la colline du Château. Perchée au-dessus du quai des États‑Unis, elle offre une des plus belles vues sur la Baie des Anges, la Promenade des Anglais et les toits ocres du Vieux‑Nice.

Aux origines de la tour Bellanda

Avant la tour Bellanda, il y avait ici une tour défensive, la tour Saint‑Elme, faisant partie du système fortifié de la colline du Château qui protégeait l’entrée du port et la ville. Cette forteresse médiévale a été démantelée en 1706 sur ordre de Louis XIV, comme beaucoup de défenses niçoises jugées trop stratégiques.sortir06+1

Au début du XIXᵉ siècle, Nice n’est plus une place forte, mais déjà une destination appréciée des voyageurs en quête de paysages romantiques. C’est dans cet esprit qu’entre 1825 et 1826, on fait construire la tour Bellanda sur l’emplacement de l’ancienne tour Saint‑Elme, non plus comme ouvrage militaire, mais comme belvédère pittoresque, mêlant fausses ruines et jardins. On l’appelle aussi parfois tour de Cléricy, du nom de l’administrateur qui pilote ce projet d’aménagement.

Petite curiosité locale : l’origine du nom “Bellanda” reste mystérieuse, introuvable aussi bien en niçois qu’en italien, ce qui ajoute un parfum d’énigme au lieu.

Un lieu de mémoire et de musique

La colline du Château et ses tours ont longtemps été un symbole fort pour les Niçois. Au XVIᵉ siècle, c’est depuis l’ancienne tour que l’on présente aux habitants le Saint Suaire, déposé à Nice en 1537 par le duc de Savoie Charles III. Ce passage du relicaire sacré renforce la charge historique de cet éperon rocheux dominant la ville.

Au XIXᵉ siècle, la tour Bellanda change d’usage et s’intègre à un hôtel voisin. Elle accueille alors plusieurs hôtes de marque, dont le compositeur Hector Berlioz, qui séjourne à Nice et trouve ici une source d’inspiration face à la mer. On raconte qu’il aurait travaillé à l’ouverture du Roi Lear dans cette guérite au dôme décoré de mosaïques, posée au centre de la terrasse.

Comme beaucoup d’édifices de la région, la tour est détruite en 1944, avant d’être reconstruite par la suite, toujours en belvédère panoramique, gardienne de la Baie des Anges plus que bastion militaire.

Architecture et ambiance du lieu

La tour Bellanda est une massive rotonde d’environ 22 mètres de diamètre, posée au-dessus de l’escalier Lesage qui grimpe depuis le bord de mer vers la colline. Sa terrasse circulaire est ornée de mosaïques de céramique aux motifs inspirés de l’Antiquité grecque, qui donnent à l’ensemble une ambiance à la fois méditerranéenne et romantique.

Au centre, une petite guérite couverte coiffée d’un dôme attire l’œil : c’est sous ce dôme que Berlioz aurait résidé lors de son séjour niçois. Autour, la pierre blonde, la rampe et les ouvertures sur le vide encadrent un panorama qui s’ouvre comme un théâtre sur la mer et la ville.

La tour s’inscrit dans un ensemble plus vaste : la colline du Château, aujourd’hui transformée en parc, où subsistent encore des traces des anciennes fortifications, des murailles et des points de vue sur le port et Riquier.

La tour Bellanda aujourd’hui : Belvédère, musée et Bellandarium

De nos jours, la tour Bellanda est avant tout un point de vue incontournable pour qui veut embrasser du regard la Baie des Anges, du cap de Nice jusqu’au début de la Promenade des Anglais. De nombreux peintres, photographes et créateurs de cartes postales ont utilisé ce cadrage unique, qui est devenu une véritable “image carte postale” de Nice.

L’édifice abrite un musée naval consacré à l’histoire maritime de Nice et de sa rade, avec maquettes, objets et évocations du passé portuaire de la ville. Plus récemment, un parcours appelé “Bellandarium” a été aménagé : il s’appuie sur un diorama et des dispositifs scénographiques pour raconter l’histoire plurimillénaire de la colline du Château, de la forteresse médiévale aux aménagements paysagers modernes.

C’est donc un lieu double : à la fois belvédère panoramique à ciel ouvert et espace de médiation sur le patrimoine niçois.

Comment accéder à la tour Bellanda ?

Ascenseur_du_Château_de_Nice

Pour monter à la tour Bellanda, vous avez deux options, chacune avec son ambiance :

  • Par l’escalier Lesage : un long escalier qui part du quai des États‑Unis, au pied de la colline, juste en dessous de la tour. En montant, on découvre progressivement des vues de plus en plus larges sur la mer, ce qui fait presque oublier l’effort.
  • Par l’ascenseur de la colline du Château : au pied du rocher, côté bord de mer, un ascenseur payant permet de rejoindre rapidement le niveau du parc et d’accéder ensuite à la tour par un chemin plus doux.nice.

L’accès jusqu’au parc du Château se fait facilement pour la plupart des visiteurs, mais la tour elle‑même et sa terrasse ne sont pas adaptées aux fauteuils roulants, en raison des escaliers et du relief.

Une fois là‑haut, on peut poursuivre la balade vers les autres points de vue de la colline, les vestiges du château, la cascade artificielle, ou redescendre côté port pour changer de décor.

Que voir depuis la tour Bellanda ?

Coucher de soleil sur la promenade des anglais

Depuis la terrasse de la tour, le panorama est à couper le souffle, même pour nous autres Niçois qui l’avons vu cent fois. Par temps clair, on profite :

  • En contrebas immédiat, du quai des États‑Unis, la plage de galets et les baigneurs en saison.
  • En enfilade, de la Promenade des Anglais qui déroule ses palmiers et ses palaces jusqu’à Magnan.
  • Sur la gauche, des toits serrés du Vieux‑Nice, avec ses ruelles étroites et le clocher de l’église de l’Annonciation qui dépasse.
  • En bas, des silhouettes de joggeurs, vélos et promeneurs qui donnent vie au ruban de la promenade.

Quand le ciel est limpide, on devine même la côte filer vers Antibes et le Cap d’Antibes, ce qui donne la mesure de la grande courbe de la Baie des Anges.

Conseils pratiques pour les visiteurs

Pour profiter au mieux de la tour Bellanda, quelques conseils de Niçois :

  • Choisir le bon moment : tôt le matin pour une lumière douce sur les façades du Vieux‑Nice, ou en fin de journée pour un coucher de soleil sur la mer qui teinte la baie d’orange et de rose.
  • Prévoir des chaussures confortables : si vous montez par l’escalier Lesage, les marches sont nombreuses, même si la montée reste accessible à un marcheur en bonne forme.
  • Combiner avec une visite du Vieux‑Nice : rejoindre la tour après avoir flâné au Cours Saleya, goûté une part de socca ou une tourte de blettes, c’est un peu le “combo” parfait pour découvrir la ville.
  • Regarder aussi côté port : en poursuivant vers le parc du Château, la vue bascule sur le port Lympia et les façades colorées du quartier du Port, autre carte postale niçoise.

Pour ceux qui aiment les visites un peu guidées, plusieurs circuits à pied ou en Segway incluent la colline du Château et la tour Bellanda dans leur parcours. C’est une bonne manière d’avoir, en plus de la vue, les petites histoires locales racontées sur place.

La tour Bellanda, symbole discret de Nice

La tour Bellanda n’est pas le monument le plus célèbre de Nice, mais elle résume à elle seule une bonne partie de l’âme niçoise : un passé militaire fort, transformé en lieu de promenade romantique, un rapport constant à la mer et cette manière un peu fière de se tenir au-dessus de la baie.

Quand on se tient sur sa terrasse, avec le vent marin et la rumeur lointaine de la ville, on comprend pourquoi tant de Niçois y montent encore aujourd’hui pour “prendre l’air” ou montrer “la vue de Nice” aux amis de passage. C’est un de ces endroits où l’on se dit, en niçois dans le texte : “Aqui siéu ben” – ici, je suis bien.

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